LRDR     [Actualites]




Juillet 2010


-francecu Yun Sun Limet sera l'invitée d' Alain Veinstein dans l'émission Du jour au lendemain sur france culture, le Jeudi 08 juillet à 23h50.




Juin 2010


-Reflets Wallonie-Bruxelles n° 24, Michel Ducobu / Juin 2010
A propos de 1993, le roman de Yun Sun Limet aux éditions La Rue de Russie, retrouvez ici l'intégralité de l'article de Michel Ducobu


- 23 juin à 18h, ville de Gaillard, lecture de contes réalistes par Florient Azoulay sur une proposition de Yoann Mathurin.
Les contes seront lus à bord d'un autocar qui circule dans Gaillard
Nombre de place limitée, réservation recommandée

Accés :
Depuis Genève : Tram 12-16-17 Arrêt Moillesullaz
Depuis annemasse : bus 1-2 Arrêt Gaillard marché
Départ: 18h place du marché Gaillard
Durée du parcours : 1h


- 19 juin / La nuit remue 4 / Centre Cerise / à partir de 16h30 / rez-de-chaussée et 1er étage pour les lectures / Yun Sun Limet présentera un texte à 21h30.
Accés:
46 rue Montorgueil, Paris 2e
Métro Les Halles ou Sentier
Entrée libre et gratuite

- 01 juin, le nouveau site de Frédéric Khodja :http://www.frederickhodja.org/ élaboré par La Rue De Russie est en ligne depuis minuit.


Mai 2010


Le Magazine Littéraire n° 497, Philippe Lefait / Mai 2010 /

A propos de 1993, le roman de Yun Sun Limet aux éditions La Rue de Russie, retrouvez ici l'intégralité de la chronique de Philippe Lefait et, en suivant cet autre lien, l'éditorial de Joseph Macé-Scaron sur Maurice Blanchot, critique l'ouvrage de Yun sun Limet aux éditions de La Différence.






minuitPour présenter 1993, Yun Sun Limet était l'invitée Des mots de minuit, l'émission de Philippe Lefait sur france 2, le mercredi 05 mai vers 00h30.
Elle était en compagnie d' Alice Belaidi, Fellag, Bruno Rici et Orlando Trio.



francecu Pour présenter Maurice Blanchot, critique, Yun Sun Limet sera l'invitée d' A plus d'un titre, l'émission de Jacques Munier sur france culture, le Jeudi 06 mai de 16 à 17 heures.



Avril 2010


- le 08 avril, parution de Maurice Blanchot critique le nouvel ouvrage de Yun Sun Limet aux éditions de la Différence.

L’œuvre de Maurice Blanchot est de plus en plus citée par les écrivains et les penseurs, mais elle reste largement méconnue. Sans doute parce qu’il n’y a jamais eu d’ouvrage qui la présente sans tomber dans une sorte d’imitation de son style qui, au lieu d’éclairer l’œuvre, l’obscurcit davantage (ou la « récupère » à mauvais escient : voir Jonathan Littell...). Maurice Blanchot critique est sans doute le premier essai qui, tout en rendant accessible ses écrits, propose aussi une réflexion sur le sens de son parcours (de l’extrême droite pendant l’entre-deux-guerres à l’engagement à gauche), l’un des plus révélateurs de la mise en crise de la littérature par l’histoire au XXe siècle.

Un essai clair et intelligent. Une réflexion sur les relations entre l’engagement politique et la littérature au XXe siècle, à travers le parcours de Maurice Blanchot.


Le Carnet et les Instants n° 161, Jeannine Paque / 06 avril 2010
« Yun Sun Limet, dont le roman Les Candidats avait obtenu en 2005 le prix de la Communauté française accordé à la première œuvre, nous livre ici le récit d’une renaissance, simple comme un bref rapport, mais palpitant dans l’intervalle deviné. »



- Le samedi 03 avril à 20 h, théatre de l'Athénée, Louis Jouvet (grande salle)
Représentation de Timouk, conte musical.
  • Création musicale : Guillaume Connesson
  • Création littéraire : Yun Sun Limet
  • Récitante : Marie Gillain
  • Sur une idée de Claire-Marie Le Guay, pianiste en résidence

Mars 2010


- Rectificatif : Yun Sun Limet sera présente au Salon du livre de Paris (Porte de Versailles) le samedi 27 mars de 14 à 16 heures au lieu du dimanche 28 mars.
Stand V 71 - Belgique Centre Wallonie-Bruxelles

- la Galerie Françoise Besson présentera des dessins de Frédéric Khodja au salon du dessin contemporain de Paris, Carroussel du Louvre, du 25 au 28 mars.

khodja

Celui qui s'avance - 2009
Crayons sur papier rives 400gr
120 x 160

- Le jeudi 18 mars [Heure à préciser.] / Centre culturel de Beauraing (Belgique)
Rencontre avec Yun Sun Limet suivi d'une séance de dédicaces.

- Le mercredi 10 mars de 11h30 à 13h30 intervention de Yun sun limet dans le cadre du séminaire de Master II de littérature générale et comparée de Philippe Daros, professeur de LG à Paris. 3
Lieu: salle de l'Ecole doctorale UFR de LGC / 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
Contact: Nelly Lapaix, secrétaire UFR LGC / 01 40 46 29 20
Accès: après le porche d'entrée du 17, prendre couloir gauche jusqu'au fond, puis escalier jusqu'au second étage. Sur le palier, prendre couloir de gauche jusqu'à la salle de L'Ecole doctorale.

- Le lundi 1er mars à 21 h Yun Sun Limet sera l'invitée de l'émission d' Elise Fisher au fil des pages sur RCF ( Radio Chrétiennes Francophones).
Rediffusion :
    -
  • mercredi 3 mars à 19h30
  • -
  • dimanche 7 mars à 0h00
  • -
  • dimanche 7 mars à 14h00


fredbesson

- le samedi 6 mars vernissage de l'exposition « Dessins fiction » de Frédéric Khodja à la galerie Françoise Besson, 10 rue de Crimée, 69001 Lyon.
La galerie Françoise Besson présentera une exposition monographique de l'artiste français Frédéric Khodja du 6 mars au 17 avril 2010. L'accrochage réunira un ensemble important de dessins de grand format (120 x 160 cm) réalisés récemment, en écho à la production graphique qui court de l'exposition du Musée des Moulages (septembre 2007) aux estampes réalisées à l'URDLA en janvier 2009. Puis des pièces de la fin des années 1990 permettront de dégager un contrepoint et de mettre en perspective l'oeuvre récente.
Commissaire de l'exposition : Gwilherm Perthuis
Pour découvrir plus largement le travail de Frédéric Khodja : http://frederickhodja.org

Fevrier 2010


Magazine Olé, Daniel Bégard / 03 février 2010
« ...tout dans ce livre intrigue et déroute. Pourtant on aura rarement lu ces dernières années un récit d'une telle clarté aussi nécessaire par l'acuité des questions qu'il pose, et aussi loin des clichés qui font ou défont depuis longtemps le roman francais... En ce sens le livre de Yun Sun Limet devient aussi, ou prend ainsi, une dimension politique acérée et rare. Absolument recommandé »



Télérama, Jean-Emmanuel Denave / 28 janvier / Supplément Lyon
« Les dessins de Frédéric Khodja viennent de loin et nous emportent loin, invitant à la la fiction et aux associations d'idées... Le clos ne cesse de s'ouvrir à l'imaginaire et aussi de se mouvoir grâce aux traits vibrionnants si caractéristiques de l'artiste. »





- Le jeudi 4 février à 19h / Librairie L'Arbre à lettres, 2 rue Edouard Quenu, 75005 Paris
Lecture d'extraits de 1993 par la comédienne Adélie Gintrand / En présence de l'auteur.

yun - Le samedi 13 février à 19h / Centre Wallonie Bruxelles, 7 rue de Venise, 75004 Paris
Présentation et lecture d'extraits de 1993 par Yun Sun Limet
Rencontre avec 3 autres auteurs, Serge Delaive, William Cliff et Régine Vandamme qui présenteront leurs nouvelles parutions.

JANVIER 2010


ouest franceOuest France, Isabelle Bordes / 03 janvier 2010
« Yun Sun Limet, de son écriture si juste, fait comprendre finement les ressorts et les embarras des êtres. Et on se demande finalement si le plus libre des deux personnages n'est pas cette femme prête à renoncer à tout, qui continue pourtant de vivre. »



Les Lettres françaises, Jean-Claude Hauc / 05 décembre 2009
« Si le roman de Yun Sun Limet laisse un gout de désastre et d'abattement il s'avère également salutaire dans la mesure où il nous rappelle que 1993 n'est pas si loin de 2009. »

DECEMBRE 2009




- Le samedi 05 Décembre / Rencontre avec Yun Sun Limet
De 17H à 21 h / Paris IX / Sur invitation / contact@laruederussie.com

lecture nice

- Le mardi 15 décembre à 19 heures / Lecture à la Librairie Masséna, 55 rue Gioffredo à Nice / Extraits de « 1993 » le dernier roman de Yun Sun Limet, lus par Tamara Krcunovic qui joue sur Nice dans deux adaptations de Florient Azoulay :
- « Les Nuits blanches » d’après Dostoïevski, mise en scène de Xavier Gallais au Théâtre National de Nice les 16, 17 et 18 décembre.
- « Mais lorsque, par un pur hasard, » d’après Rostand à la Chapelle de La Providence, le 19 décembre.

NOVEMBRE 2009


- Disponible depuis le 06 novembre : / 1993 de Yun Sun Limet

jakob tuggener

- Pour feuilleter l'ouvrage cliquer sur l'image et suivre les indications

OCTOBRE 2009


- 15 octobre / Sortie du numéro 2 de la revue Hippocampe: perspectives helvétiques

JUILLET 2009


- 06 juillet / Un nouveau site et bientôt un nouvel auteur pour une nouvelle publication...

JUIN 2009


- 26 juin / HIPPOCAMPE 1/2009 : édité et diffusé / Sortie du numéro 1 de la nouvelle revue semestrielle Hippocampe dans lequel est publié Empreintes ; un texte inédit de Marie-Laure Hurault

- 20 juin / La nuit remue 3 / Centre Cerise / à partir de 18h30 / rez-de-chaussée et 1er étage pour les lectures / Marie-Laure Hurault lira des extraits de Brumes

46 rue Montorgueil, Paris 2e
Métro Les Halles ou Sentier
Entrée libre et gratuite

L’équipe de remue.net et de la scène du balcon vous invite à venir écouter :

Michaël Batalla
Guénaël Boutouillet
Claro
Jean-Michel Defromont
Martine Drai
Armand Dupuy
Claude Favre et Yann Féry
Bruno Fern
Sylvie Gracia
Fred Griot et Yann Féry
Marie-Laure Hurault
Frédéric Laé
Yun-Sun Limet
Laure Limongi
Cécile Mainardi
José Morel Cinq Mars
Joseph Mouton
Olivia Rosenthal
Fabienne Swiatly
Vincent Tholomé


MAI 2009


- Le site de Frédéric Khodja :http://www.frederickhodja.org/ élaboré par La Rue De Russie est en ligne depuis le mardi 19 mai, minuit.

FEVRIER 2009


- Elaboration de l’édition numérique du travail de l’artiste Frédéric Khodja (en cours de réalisation)

MAI 2008


- Jeudi 29 mai à 19 h : La librairie L'Arbre à Lettres et les Editions de la Rue de Russie vous invitent à rencontrer Marie-Laure Hurault et Frédéric Khodja à l'occasion de la lecture de Brumes par Florient Azoulay et Mette Dam Laursen.
Librairie L'Arbre à Lettres
2, rue Edouard Quenu, 75005 Paris

AVRIL 2008


- Dimanche 06 avril à 15 h : Lecture et chansons en poésie à l'atelier Gustav Bolin. Lecture de Brumes par Florient Azoulay et Mette Dam Laursen en compagnie de Laurence Bouvet, Emmanuel Berland et des chansons de Marie Volta.
Paris Veme, sur invitation : contact
- Vendredi 04 avril à 18 h : Vernissage de l'Exposition "Irréel, de la réalité au rêve ".
Musée Paul Dini, 2 place Faubert, 69400 Villefranche-sur-Saône. Frédéric khodja y présente son travail jusqu'au 21 septembre en compagnie de six autres artistes dans le cadre des étés contemporains de Villefranche.

MARS 2008


critique
- Dans les arbres et par-delà, note de lecture de Laurent Zimmermann dans la revue Critique de mars 2008, N° 730.

DECEMBRE 2007


- 01 décembre à 20 h et 02 décembre à 15 h: Lecture de Brumes sur invitation.
Paris Veme : contact
- 07 décembre à 20 h: Lecture publique de Brumes par Florient Azoulay à la
Chapelle de la Providence, 4 placette de la Providence.
Vieux Nice : voir plan

OCTOBRE 2007


les lettres françaises

- 06 octobre : Le secret dans les brumes, article de Jean-Claude Hauc dans les Lettres françaises supplément mensuel du journal l'Humanité.

SEPTEMBRE 2007


- 10 septembre : Parution de Brumes, texte de Marie-Laure Hurault, dessins de Frédéric Khodja.


- 21 septembre : vernissage de l'exposition "La voix des images"de Frédéric Khodja



A propos de "la voix des images"
Exposition de Frédéric Khodja. Musée des moulages, septembre 2007.



La rencontre entre le travail de Frédéric Khodja et le Musée des moulages est troublante. Depuis plus de 10 ans, Frédéric Khodja rassemble des photographies trouvées auprès de marchands, d'amateurs ou dans des délaissés. Il les choisit avec soin, jamais pour elles-mêmes, mais en vertu de ce qu'elles peuvent devenir. Ainsi, il crée les « petites géométries de silence » puis les « archives géométriques ». En jouant avec les lignes, les droites, les géodésiques, il les transforme et les réinvente. Soit en les découpant, en les reconstruisant, soit en les installant dans une suite qui constitue une figure. Il s'agit bien d'une construction théorique qui s'est libérée de l'objectivité de l'image et plus sûrement de l'objectivité du monde. Notre perception, notre regard est un travail de création, d'invention. Cela a son importance car, comme vous le verrez à travers ses œuvres, Frédéric Khodja ne cherche pas à rendre compte du vrai ; il a choisi de révéler une certaine vérité présente.

Je disais que cette rencontre avec le Musée des moulages est troublante car, comme me l’a racontée Frédéric Khodja, les conservateurs successifs ont constitué, au début du XXe siècle, dans une perspective comparable, des archives iconologiques, en parallèle à la bien connue gypsothèque. Certaines de ces images portent les traces de leur activité : la photographie d’un monument, prise dans son lieu d’origine, est ainsi réinventée en un autre lieu, le musée, pour qu’il soit possible de lui assigner une place dans le système iconologique. Comme si ces photographies ne pouvaient exister là que parce qu’elles ont été annotées, mises aux normes de la nouvelle installation. Mais le système d’échanges qu’avaient mis en place les conservateurs interdit en quelque sorte que chacune de ces images soit objectivement localisée : elles sont à la fois ici et ailleurs par la multiplication des tirages mais elles sont aussi spécifiquement ici ou là sans qu’il soit possible de les confondre parce qu’elles portent la trace de leur implantation. Ne faudrait-il pas voir là une marque de Marcel Duchamp qui semble inscrire, dans la lignée d’Einstein, le principe de relativité dans l’existence localisée des oeuvres d’art ? Si ce sont les regardeurs qui font les tableaux, ce sont bien certains regardeurs et non tous, de la même façon, car dans ce cas il ne serait plus possible de distinguer la particularité de cette démarche. Cet abandon de l’universalité au profit de la diversité des situations fait des conservateurs et de Frédéric Khodja des faiseurs d’images qui révèlent ainsi l’infra-mince produit par la diversité des épreuves, la diversité des usages mais aussi la diversité des regards.

Une telle approche n’est pas sans rappeler, comme le fait Frédéric Khodja, celle d’Aby Warburg ; entre 1924 et 1929, il a constitué, en regard de sa fabuleuse bibliothèque, un atlas iconographique, une “histoire de l’art sans texte” où étaient rassemblées des photographies d’oeuvres d’art, de rituels ethnographiques et des timbres. Aby Warburg, dans la lignée de l’ethnologue Edward B. Tylor (Primitive Culture, London, 1871), était fasciné par les juxtapositions de temps. Il a beaucoup travaillé sur la manière dont s’interpénètrent les traces du passé et les créations contemporaines. En rapprochant des images lors de projections publiques ou sur des tableaux de bois, il souhaitait révéler ces liens inconscients qui, par-delà la succession des temps, font coexister le passé et le présent.

Aby Warburg nommait cet atlas d’images Mnemosyne, du nom de la déesse de la mémoire en Grèce ancienne. Loin d’être un objet clos, cette mémoire était “une mémoire au travail”(Didi-Huberman G., L’image survivante. Histoire de l’art et temps des fantômes selon Aby Warburg, 2002, Les éditions de Minuit, p. 452). Les images n’étaient pas fixées sur les planches afin qu’il soit possible de constituer d’autres arrangements. Cette manière de faire est en accord avec les définitions contemporaines de la mémoire : il n’est plus possible de parler de mémoire au singulier ; il y en a de multiples. Et cette capacité de rappel d’états anciens ne repose pas sur la conservation d’images mentales complètes. Les souvenirs sont dispersés dans le corps : là, des couleurs, là, des sensations kinesthésiques, là certains éléments de décor, etc. La remémoration est donc une reconstruction toujours changeante. Il n’y a pas de souvenirs immuables mais un ensemble très mobile d’éléments dispersés qui collaborent à des reconstitutions toujours effectuées par les engagements dans la situation présente. Notre réalité est, de ce fait, toujours une création.

L’activité de mémoire est une action cognitive constituante, comme toute forme de recomposition, et, à ce titre, rien ne semble vraiment la distinguer de l’imagination voire peut-être même du rêve. Si l’on en croit Israël Rosenfield (L’invention de la mémoire, Flammarion, 1994), il n’existe pas de souvenirs spécifiques au niveau cérébral. La mémoire est une compétence sur laquelle repose un système dynamique de reconstitutions et de remaniements d’impressions antérieures. À ce titre, les objets et les oeuvres ne sont que des prétextes à l’accomplissement collectif de nos manières d’envisager le monde.

J’ai pu assister à une séance de travail de Frédéric Khodja et observer ses effets de déploiement ou plus exactement de dépliement. Et c’est bien l’image que j’ai conservée de cette visite d’un praticien qui manipulait délicatement et mettait au jour les images qui lui serviraient à construire sa monstration. Une partie de la collection du musée s’amalgame avec les propres archives de Frédéric Khodja dans un ensemble qui s’anime jusqu’à occuper l’espace du musée. Il me semble important d’insister sur ce cheminement par lequel ces images ont été exhumées des classeurs, étalées sur une table avant de prendre vie comme réincarnées par l’intervention de l’artiste, et se mêler au public et à l’activité urbaine.

Cette rencontre entre Frédéric Khodja, les conservateurs et Aby Warburg est très intéressante car elle nous plonge dans la diversité et surtout dans une pensée du flux, du glissement et du mouvement qui fonde les rapprochements, les juxtapositions et les reconstructions. Et cette rencontre apparaît comme une effectuation de ce que chacun d’eux a expérimenté dans son travail.

Et c’est sans doute là qu’est à voir l’oeuvre de Frédéric Khodja. Elle est non seulement dans chacune des images, mais encore dans l’exposition et le rassemblement en un lieu. Son oeuvre d’aujourd’hui intègre son travail mais aussi celui des conservateurs et celui d’Aby Warburg. Georges Didi-Huberman écrivait à propos du dispositif d’Aby Warburg que c’est “une interprétation qui ne cherche pas à réduire la complexité, mais à la montrer, à l’exposer, à la déplier selon une complexité au deuxième degré”(L’image survivante, p. 494). N’avonsnous pas gravi, ici, avec l’oeuvre de Frédéric Khodja, un degré supplémentaire de complexité ? Comme un objet fractal, la structure de l’ensemble est similaire à celle de ses parties. Non pas qu’ici tout se confonde mais les jeux de correspondances, la construction théorique, font émerger une nouvelle réalité.

Et c’est sans doute en cela que la démarche de Frédéric Khodja est originale et se distingue de celles d’Aby Warburg et des conservateurs. Aby Warburg, à travers le lien qu’il entretenait avec la théorie des survivances de Tylor, pensait que les temps se disputaient l’actuel. L’intrusion du passé dans le présent s’expliquerait par la persistance de certaines références, de certains symboles qui poursuivraient leur vie et joueraient de leur influence dans le temps présent. Comme s’ils étaient portés par des universaux de l’expression et de l’existence humaine à travers les âges.

Les gestes que Frédéric Khodja effectue sur les images soit en les découpant, soit en traçant des lignes ne prolongent pas leur vie, ne les raniment pas : il les réinvente et leur insuffle une nouvelle vie. C’est par l’acte de création, qui s’apparente à un travail de production avec pour matériaux l’image délaissée, désaffectée, abandonnée, qu’il y a vie. Certes, cette image est un échantillon de notre univers mais il demeure aphone jusqu’à ce que l’artiste le présente sur une scène, lui attribue une définition. Mais encore faut-il admettre que la création n’aboutit pas à une apparition ex-nihilo et qu’elle est plutôt un travail qui consiste à relier, à agencer pour faire émerger et rendre visible. Cette oeuvre a quelque chose de théâtral car elle s’épanouit dans un espace au gré du temps que lui confère le visiteur pour l’arpenter, sans que s’impose un déjà-là, comme le laissent présager les termes d’apparition et de révélation. Ainsi les mots et les objets acquièrent seulement par nous et pour nous une intensité qui attire toute notre attention. La mise en scène nous permet de témoigner de notre capacité à inventer des mondes communs, car c’est bien par ce processus de construction socialement organisé que nous pouvons nous reconnaître comme participants de la même société. Ce sont ces inventions, ces mouvements, ces glissements, ces rythmes qui font qu’il y a quelque chose plutôt que rien.

Denis Cerclet, ethnologue, maître de conférences, Université Lumière Lyon 2.





- 28 septembre : Lecture de Brumes par Florient Azoulay au Musée des Moulages à Lyon, 3 rue Rachais, 69003. La lecture sera suivie d'une rencontre pour " la voix des images " avec Roger-Yves Roche, Maître de Conférences à l'Université Lumière Lyon 2 et Patrice Charavel, Directeur du Service culturel de l'Université.

Florient Azoulay est comédien et dramaturge, co-fondateur de la Cie K.G.A avec Xavier Galais. Il joue Beaumarchais, Labiche, Sartre ou Courteline avant de devenir le collaborateur artistique de Niels Arestrup ( Lettres à un jeune poète) et de Jacques Weber (Ondine, Phèdre, Seul en scène) qui le dirige dans Cyrano de Bergerac au théatre et Ruy Blas pour la télévision. Il joue au cinéma dans Don Giovanni de Gilles D'Elia, Le commun des mortels de Frédéric Cerulli. Il participe à des projets de musiciens expérimentaux, Jean-Michel Bossini, Olivier Innocenti, Franck Smith et travaille comme narrateur avec la pianofortiste Béa Surany, le Quintette Milonga, l'Ensemble de Musique Incidentale, l'Ensemble baroque de Nice, l'Orchestre de Cannes.


JUIN 2007


- Création de l'association La Rue de Russie



LRDR/2009